Bruno GIRARD, responsable du service espaces verts

Ce paysagiste de métier est arrivé à Colombier Saugnieu en mai 2021. En traversant le village, il s’est dit «il y a du potentiel !». Alors il est resté pour le développer…

Pourquoi la commune a un bon potentiel pour les espaces verts ?

Je trouve que la commune est à la recherche de la végétalisation. Les aménagements de la voirie et de l’habitat permettent d’imaginer de belles créations paysagères. Nous avons déjà 67 120 m² de gazon, 540 arbres et 720 m² de diverses plantes, mais aussi beaucoup
de possibilités en devenir.

Le travail de votre service va donc au-delà de l’entretien quotidien…

Oui, il existe aussi un volet créatif dans ce travail. Il consiste à concevoir et réaliser de nouveaux aménagements paysagers en cohérence avec l’urbanisme. Sur le plan communal, il ne suffit pas de créer de beaux projets. Il faut également viser le côté pragmatique. Nous avons des contraintes environnementales qui limitent notre champ d’action.
La commune a mis en place la démarche «zéro phyto» et a été labellisée «Terre saine». Nous n’utilisons donc plus de désherbants chimiques. Pour l’entretien des pelouses et du stade de foot nous utilisons des engrais organiques qui ont un champ d’action plus restreint que les engrais chimiques. Cela implique beaucoup plus d’entretien manuel de la part de notre équipe, avec des passages plus répétitifs et le travail du désherbage plus fastidieux. Ces paramètres nous dirigent dans nos choix créatifs. Nous privilégions les plantes résistantes et les massifs qui ne nécessitent pas trop d’entretien. Pour l’arrosage, nous utilisons avant tout les trois cuves de récupération d’eau pluviale qui peuvent contenir jusqu’à 55 000 litres d’eau. Et enfin, nous achetons nos plantes avant tout chez les producteur.rice.s locaux.ales.

Quelle est la plus grande difficulté dans votre travail ?

Planter un arbre, c’est créer un patrimoine commun. à part les plantations éphémères, les autres végétaux ont une durée de vie qui dépasse parfois la durée de vie humaine. Ils accompagnent donc plusieurs générations. Il faut imaginer à l’avance leur évolution et aussi celle de leur environnement direct. Il faut également faire adhérer les habitant.e.s de la commune à nos démarches environnementales. C’est difficile de faire comprendre aux gens que les mauvaises herbes ne sont pas le signe des espaces verts mal entretenus. Elles participent au maintien de la biodiversité, aident les plantations à garder le taux d’humidité et elles peuvent aussi être très jolies…

Le plus grand voyageur n’est pas celui qui a fait dix fois le tour du monde, mais celui qui a fait une fois le tour de lui-même.

Cette citation de Gandhi est très chère à Bruno

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans votre travail ?

J’aime travailler en plein air et en contact avec les gens. Aucun jour n’est pareil, chaque saison a ses surprises. Le sens de mon travail, c’est embellir l’espace public, améliorer le cadre de vie de la population et je trouve cela très valorisant. Je fais partie d’une équipe active et engagée qu’il faut apprécier à sa juste valeur. Nous sommes tou.te.s responsables de la vie en collectivité. Mon souhait le plus cher est que les gens aient un réflexe citoyen de participer à l’entretien et l’embellissement de notre cadre de vie commun : désherber les abords de leurs propriétés ou ramasser une branche d’arbre tombée sur la voie publique…

Qu’est-ce qui se passe au service espaces verts en hiver ?

Je vous rassure, nous ne sommes pas en hibernation. En hiver, nous travaillons déjà sur les plantations annuelles du mois de mai. Nous calculons le nombre et le type de végétaux à commander auprès des producteur.rice.s pour qu’elles.ils puissent prévoir les semis en conséquence. Nous élaborons aussi les plans de mise en œuvre de nouveaux massifs ou des aménagements paysagers par rapport aux évolutions urbaines de la commune. Par exemple, en ce moment nous travaillons sur le projet de végétalisation de la place Joanny Favre. Et évidemment, c’est la période de taille des arbustes et des haies, du ramassage des feuilles…

Au-delà du travail, quelles sont vos passions ?

C’est le sport. Je pratique la course à pied. J’ai fait 23 marathons – celui de New York, de Monaco, de Lyon et de Lausanne… Je pratique aussi des courses en sentiers naturels «ultra-trail» ou des endurances de 24 heures.

Et vos meilleurs résultats ?

En marathon c’est 2h52 en 2000, en endurance c’est 196 km courus en 24h à Saint-Laurent-du-Pont en Isère où j’ai fini 2ème. J’aime me dépasser. Cela me permet de relativiser la vie de tous les jours, se libérer l’esprit, réfléchir et aussi rester en pleine forme !

Quelle est votre plante préférée ?

Je dirai l’edelweiss. C’est une fleur rare, isolée en haute altitude… Elle représente la résistance face aux adversités de climat. Elle est discrète, mais marque son territoire…

Bruno Girard, artiste pragmatique qui dessine nos paysages, est comme sa plante préférée, discret mais bien présent sur le terrain…